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Ce que l’histoire et l’utilisation du cadre logique disent de notre secteur

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C’est le thème du cadre logique qui a inauguré un nouveau format de rencontre : l’atelier-recherche destiné aux membres du F3E.  Ce temps de rencontre contribue à une recherche menée au sein du réseau par Delphine Vincenot, doctorante au Laboratoire du Changement Social et Politique et salariée du F3E. Retour sur cette première édition, organisée le 15 novembre 2016.


L’atelier a posé la question de l’influence, sur les pratiques du secteur, des logiques induites par l’outil cadre logique et des raisons de la généralisation de son utilisation. Certes, l’outil a été imposé par les financeurs du secteur, cependant, cette recherche montre un certain plébiscite de l’outil par les organisations elles-mêmes ainsi qu’un investissement par les salariés.


Dans un premier temps, les participant-e-s ont partagé leur expérience de l’outil, le comparant par exemple à un moule à parpaings, qui donne une forme à une action tout en la contraignant. Ces exemples ont résonné avec l’analyse de l’outil, dont la démarche « systématique » correspond à plusieurs héritages historiques tel l’esprit des lumières, une conception de développement « positiviste » renforcée à l’issue de la seconde guerre mondiale, mais aussi en rapport à la modernisation des politiques publiques. Ces réformes s’appliquent en effet directement aux modalités de gestion de l’aide publique et impactent ainsi sa délégation aux ONG.


Apparu au début des années 1990, le cadre logique coïncide avec une période de professionnalisation du secteur, au cours de laquelle le volume d’activités augmente, les organisations se complexifient et donc s’outillent pour pouvoir travailler. Cette période correspond aussi à la valorisation du modèle entrepreneurial. Au sein des ONG se diffuse l’idée qu’il faut présenter des gages de professionnalisme. Or, l’entreprise moderne fonctionne sous forme de projet. A travers le cadre logique, le projet devient progressivement l’unité de mesure du secteur de la solidarité internationale.


L’atelier a aussi montré comment le cadre logique permet de camoufler un rapport de force qui demeure malgré les déclarations de bonnes intentions. L’évolution de l’outil laisse penser qu’il y a modernisation des pratiques par le développement de techniques et l’adossement à des concepts d’entreprise. L’outil semble neutre car logique mais ne questionne pas les rapports de force : il les maintient.


La présentation s’est close sur l’hypothèse d’une généralisation de l’utilisation de l’outil liée aussi aux fonctions du cadre logique attribué par les salariés du secteur eux-mêmes. L’outil leur permettant, par exemple, de répondre aux injonctions parfois contradictoires de leur métier.


Les échanges ont permis de mettre en avant les stratégies de contournement des acteurs et actrices, avec l’envie partagée d’approfondir le sujet lors d’une prochaine rencontre.


La prochain atelier-recherche le mardi 14 mars de 17h à 19h. Plus d' infos prochainement. 

  • Date de publication : 2016
  • Catégorie : échanger