3 questions à Pauline de la Cruz : pourquoi le F3E s’intéresse au Genre ?

En cette période de transition entre deux programmes triennaux sur le Genre, nous avons demandé à Pauline de la Cruz, présidente du F3E, de nous rappeler pourquoi il est pertinent que le F3E s’engage sur le genre.

Le F3E a porté avec Coordination Sud un programme de 3 ans sur la Tranversalisation du genre dans les organisations de solidarité internationale, qui s’est achevé en 2018. Pouvez-vous expliquer aux personnes qui nous lisent en quoi il est pertinent que le F3E s’intéresse à la question du genre ?

Pauline de la Cruz : Il s’agit simplement d’être en cohérence avec les valeurs que les membres du F3E défendent dans notre charte. Le F3E est un réseau d’acteurs de solidarité et de coopération internationales engagés pour un changement social juste et durable : lutter contre les inégalités de genre, promouvoir la parole et le pouvoir d’agir de chacun et chacune est bien au cœur de cette vision.

La mission du réseau F3E est de contribuer à améliorer les pratiques de ses membres en matière d’apprentissage, d’innovation, de qualité et d’impact de leurs actions. La perspective de genre a sa place au cœur de toutes ces pratiques pour promouvoir une culture de l’égalité femmes-hommes et lutter contre les impacts négatifs des actions sur les rapports de pouvoir entre hommes et femmes. Le F3E a donc naturellement un rôle à jouer pour accompagner ses membres dans l’évolution de ces pratiques.

Pouvez-vous nous dire quels ont été, selon vous, les principaux résultats de ce programme ?

Ils sont nombreux mais pour ne citer que les principaux, je dirais que le programme a fortement contribué à dynamiser la vie de notre réseau en mobilisant au sein des espaces pluriacteurs-actrices les membres dans leur diversité et en valorisant des pratiques innovantes jusqu’alors peu visibles au sein du secteur.

En complémentarité avec les activités portées par Coordination Sud, certaines organisations ont opéré une véritable prise de conscience et se sont engagées dans de profonds changements pour intégrer l’approche genre à leur fonctionnement et à leurs projets.

Enfin, au sein même du F3E, l’équipe technique s’est fortement renforcée dans sa connaissance et sa maîtrise des méthodologies avec perspective de genre, indispensable à la mission d’accompagnement des membres, et la gouvernance a affirmé sa volonté de se doter d’une stratégie genre dans le cadre de la prochaine programmation.

Et bien sûr il y a l’édition des fiches pratiques !

L’année 2019 verra le lancement d’un nouveau programme dédié, mais aussi la formalisation d’une stratégie genre du F3E : pouvez-vous nous dire quels sont les défis qui restent à relever pour le F3E ?

Il faut tout d’abord continuer à valoriser les résultats de la première phase du programme et soutenir les activités pour entretenir la dynamique entre pairs créée par cette première phase. Le nouveau programme est très ambitieux et devra mobiliser un plus grand panel de membres du F3E pour contribuer à sa mission d’intérêt général.

Promouvoir la transversalisation du genre c’est aussi accompagner de manière respectueuse les organisations dans la prise de conscience de leur rôle à jouer dans la lutte contre les inégalités de genre. Le F3E doit donc clairement formuler ses ambitions dans sa stratégie et la manière dont il accompagnera ses membres dans leur diversité.