Edito de la lettre de novembre 2020 : l’évaluation de l’impact social, un outil stratégique pour les organisations

Ces dernières semaines, le F3E a eu l’occasion de décrypter la définition de l’évaluation de l’impact social utilisée par de nombreuses familles associatives de l’ESS, auprès de partenaires institutionnels et lors d’interventions publiques. En témoigne le webinaire « la mesure d’impact et la gouvernance des associations : du concept aux outils » disponible dans cette Lettre.

L’Avise ou encore le CNESS donnent cette définition de l’évaluation de l’impact social : il s’agit d’un processus visant à comprendre, mesurer ou valoriser les effets, négatifs ou positifs, générés par une organisation sur ses parties-prenantes. On cherche ainsi à dépasser les actions et activités des structures pour se poser la question suivante : quelles sont leurs conséquences et pour qui ? En ne se limitant pas à la seule dimension économique.

Que retenons-nous de cette définition ? Comment fait-elle écho aux études, notamment d’évaluation et d’analyse des changements, qu’accompagne le F3E ?

  • Le processus se réfère à des étapes, à la progression de ce type d’analyse de l’action, avec une adaptabilité liée à son caractère non linéaire.
  • Comprendre, mesurer ou valoriser sont des fonctions d’apprentissage permettant à la fois de décider des orientations futures de l’action, de rendre compte et rendre visibles des changements auxquels elle contribue.
  • Les effets, négatifs ou positifs, peuvent être prévus ou imprévus. C’est à cet endroit que le F3E se réfère aux changements, notamment aux approches d’évaluation orientées vers l’analyse des changements (les approches orientées changement, AOC).
  • Les parties-prenantes renvoient au cercle élargi de partenaires concernés par l’action, au territoire, mais aussi et avant tout aux bénéficiaires de l’action.
  • Dépasser les actions et les activités, c’est dépasser le « combien » (nombre de personnes participant à telle activité, nombre de rencontres organisées…) pour aller sur leurs conséquences et donc, sur les changements liés à l’action. Les changements se situent sur des domaines élargis, comme le lien ou capital social, la dimension économique, la pérennité ou la durabilité des bénéfices de l’action, la résilience, les relations sociales de genre, de génération, etc. Une des difficultés se situe dans la caractérisation des changements que nous voulons observer : à quels changements voulons-nous contribuer ? Et qu’en est-il dans la réalité ?

Pour le F3E, l’impact social est une forme d’évaluation centrée sur les changements liés à l’action, avec la double fonction d’apprentissage et de valorisation. En matière d’apprentissage, l’analyse des changements a un intérêt au regard de la stratégie déployée par l’organisation et permet de réajuster l’action. En termes de valorisation, elle est d’autant plus importante ici vu l’objet « changements » puisqu’elle est liée à la redevabilité, notamment auprès des financeurs, et à l’argumentation de ce que produit notre action et donc de son utilité.

L’impact social est donc particulièrement stratégique, puisqu’il interroge le sens des actions, renvoie à la raison d’être des organisations et vise à obtenir une analyse qualitative des finalités de l’action, qui renvoient au pilotage et à la gouvernance.

Au sein du F3E, l’impact social se reflète notamment dans les études des effets et de l’impact que nous accompagnons avec les membres, et dans les approches orientées changement que nous promouvons.

 

Consultez la newsletter du mois de novembre 2020